![]() |
Mouvement Agir Pour le Congo |
|
Accueil
On pourrait le croire si l’on en juge par la virulence du ton adopté par Kagame contre Kabila dans son interview à Colette Braeckman, interview dont nous reprenons ici la partie consacrée au Congo. Kagame est las. Las d’un Kabila manipulateur, au double langage avéré, qui dit des choses qui ne sont pas claires et chez qui la fidélité en amitié ou la soumission au chef c’est selon, est loin d’être une vertu cardinale. Mais surtout, et c’est certainement cela l’explication et la réponse à la reprise des affrontements depuis le 28 août 2008 entre les rebelles du Cndp et les Fardc, l’armée nationale congolaise. Kagame rappelle Kabila à l’ordre, « si je tombe, tu tomberas aussi mais avant moi » car le boucher de Kigali, comme le surnomme les congolais, a peur. Kagame a peur de voir les français utiliser Kabila pour instrumentaliser la Cour pénale internationale (CPI) contre lui. Kabila dont on connaît le parcours de sang depuis une dizaine d’années maintenant sous la houlette de Kagame ne doit-il pas un service à la CPI qui l’a aidé à neutraliser Bemba ? En 1994, Kagame n’avait pas hésité à brûler des villages rwandais et à laisser massacrer ses propres frères pour s’emparer du pouvoir. En 2008, ce n’est pas cet homme qui va avoir un brin de remord s’il devait, pour préserver ce pouvoir, rééditer son exploit funeste de 1998 de mettre le Congo à feu et à sang. Non, Kabila n’a pas encore fini de servir Kagame mais seulement nous pensons être maintenant dans l’acte final d’une tragédie dont les acteurs vont enfin laisser tomber les masques. Y compris nous les congolais.
Jean-Eric Badibanga,
|