![]() |
Mouvement Agir Pour le Congo |
|
Accueil
Le coût d’une libération
Dans sa tribune de presse de ce mercredi 10 septembre 2008 dans le journal en ligne Le Potentiel, notre compatriote Kä Mana écrit : « Après le désastre de Mushake, si nous avions de généraux de génie dans notre armée, nous aurions dû comprendre qu’une victoire militaire sur Nkunda Batware est une gageure. Nous aurions compris qu’il nous faut renoncer aux armes pour gagner la bataille là où nous devons la gagner : dans les négociations intercongolaises sincères et dans le recours aux instances juridiques et politiques internationales pour des discussions de fond avec le Rwanda et l’Ouganda, en vue de défendre nos intérêts vitaux comme nos voisins doivent aussi défendre les leurs, dans un nouvel ordre politique global de la région des Grands Lacs comme notre niche géographique commune. » Non cher compatriote, si nous avions de généraux de génie dans notre armée, le cas Nkunda ne se serait jamais posé ! L’intelligentsia congolaise dont Kä Mana est, à nos yeux, l’un de plus significatifs représentants serait-elle entrain de prendre fait et cause pour l’ethnocide Nkunda au détriment du liberticide Kabila ? La question mérite d’être posée mais choisir entre ces deux maux est l’erreur à ne pas commettre car dans l’état actuel des choses la nation congolaise se trouve prise entre le marteau et l’enclume : N’ayant pas d’armée pour la défendre, elle ne peut mener une guerre et surtout la gagner mais elle ne peut pas non plus se payer le luxe d’un autre round de négociations intercongolaises, négociations qui seront tout sauf sincères comme l’espère Kä Mana. Les stigmates et les dégâts collatéraux de Sun City étant encore trop présents dans notre quotidien. La géométrie du problème congolais a pour postulat que nous subissons de la part de nos voisins, angolais, rwandais et ougandais en particulier, une idéologie de prédations de nos ressources naturelles avec la guerre et la complicité de la communauté internationale comme moyens coercitifs. Comprendre et intégrer ce postulat, c’est admettre et surtout accepter que notre libération, la vraie, celle qui sera le fait de congolais eux-mêmes, aura un coût élevé, celui du sacrifice de nos vies.
Jean-Eric Badibanga,
|