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La fin de nos illusions

Avec l’entrée du Rwanda en guerre contre notre pays (Kagame l’avait confirmé à demi mots lors de son entretien avec Colette Braeckman) et la prise par le CNDP de la plus importante base militaire encore en activité, la base de Rumangabo, c’est la fin des illusions nées avec les accords de Sun City et faussement entretenues par les fameuses élections de 2006 dites « libres, démocratiques et transparentes » et la mise en place des institutions de la IIIème République.

Une course de vitesse vient de s’engager entre ceux qui prennent la constitution en otage pour imposer leur vision erronée de la démocratie ainsi que de la souveraineté nationale et ceux qui, par les armes, veulent à leur tour accéder au pouvoir.

Kabila dans un discours à la nation vient de dire que « L’heure est grave ».
C’est peu dire. L’heure de la fin, sa fin et celle de la IIIème République, vient tout simplement de sonner.

Mais Kabila ne tombera pas seul. Tous ceux qui rêvaient d’une alternance politique par la voie des urnes voient également leurs espoirs de conquérir le pouvoir partir en fumée car avec la prise du camp militaire de Rumangabo, le CNDP vient de prouver une évidence qui nous pendait déjà au nez lors de la chute de Mushake : Nkunda est capable de mettre notre armée en déroute et prendre le pouvoir à Kinshasa.

Par conséquent, nous devons nous rendre compte et accepter que l’insidieux paradigme issu des accords de Sun City et dans lequel nous vivions jusque là vient de voler en éclat. Cette conflagration graduelle nous oblige, à l’image de la crise financière actuelle où les états en oublient les règles de solidarité entre pays pour un sauve-qui-peut individuel, à prendre personnellement nos responsabilités.

Nous sommes exactement dans la même situation qu’en 1996, une année avant la fin du Maréchal Mobutu.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il serait suicidaire d’adopter les mêmes réflexes et de garder les mêmes habitudes.

Toutes les hypothèses de travail sont désormais possibles, la plus crédible étant de demander à nos parlementaires de faire preuve de courage politique en destituant Kabila pour non respect des ses obligations constitutionnelles. De mettre en place un gouvernement d’union nationale et d’engager la nation résolument dans la reconquête de la paix.

Si cet acte hautement patriotique n’est pas posé dans les prochains jours, il reviendra à chaque fille et chaque fils du Congo, en mesure de le faire, de faire ce qu’il pense être possible pour sauver la nation.
Peut-être que sur ce point, Nkunda a une longueur d’avance sur nous ?

Que Dieu vous bénisse.
Que Dieu bénisse le Congo.

Jean-Eric Badibanga,
jeudi 10 octobre 2008