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Le temps de la lutte non armée est-il révolu ?
Concomitamment à l’interview de Jean-Pierre Bemba sur Radio Okapi est parue la déclaration politique de l’Udps sur la situation générale du pays. Orchestrées ou dues à la synchronisation du hasard, ces sorties médiatiques, et du MLC et de l’Udps, témoignent de la volonté de l’opposition de se réapproprier l’espace politique laissé vacant et miné par l’incurie du pouvoir en place. Si jusqu’ici la marge de manœuvre du MLC, dont le leader se complaît dans son rôle d’enfant docile du processus démocratique congolais, semble étroite, l’Udps quant à elle peut surfer, sans retenue et avec un bonheur non dissimulé, sur la vague d’insatisfaction provoquée par le grand dérapage, la grande désillusion du processus de Sun City. Pas dès lors étonnant que là où le MLC affiche un profil bas par un ménagement excessif de susceptibilités occidentales alors que le peuple se meurt et que le pays disparaît, « L’UDPS en appelle à la conscience de tous les citoyens, aux formations politiques de l’Opposition, aux diverses diasporas congolaises à l’étranger, aux élites et aux cadres intellectuels, aux organisations de la véritable société civile, aux organisations internationales de défense des droits humains, à l’Union Africaine, aux peuples et gouvernements du monde épris de paix et de justice. Ses millions de combattants demandent à tous de renforcer leur mépris et leur résistance envers le gouvernement de Kinshasa. Ils invitent tous ces peuples et toutes ces forces à manifester au gouvernement Kabila-Gizenga leur mépris et leur rejet par tous les moyens, à la hauteur de l’ignoble destin réservé au peuple congolais, et à la dimension de la trahison du serment constitutionnel. »
Si cette déclaration a le mérite, comme toujours, de dresser un tableau sans concession sur l’état de la nation, le discours de l’Udps est cependant nouveau dans le sens qu’il invite le peuple congolais à manifester par tous les moyens, à la hauteur de l’ignoble destin qui nous est réservé, pour libérer le Congo. Si Martin Luther King, Gandhi et toutes les autres grandes figures de la lutte non violente pouvaient se permettre de porter haut les couleurs de cette idéologie c’est parce qu’ils avaient en face d’eux un pouvoir tant politique qu’économique créateur de richesses nationales.
Pas au Congo. Ne serait-il pas dès lors pédagogique de s’inscrire également dans cette voie en vertu du bon principe naturelle de la troisième loi de Newton*? * "A chaque action, une réaction égale et opposée"
Jean-Eric Badibanga,
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