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2011, Et si on n’y arrivait jamais!

A observer le quotidien de congolais depuis la mise en place des « institutions démocratiques », le constat évident, à moins d’être un âne bâté, est que le président et son premier ministre sont, et d’une manière insoupçonnable, en deçà des espoirs placés en eux par leurs compatriotes. Les congolais pourraient, faute de mieux, « se contenter de cette sinistrose ambiante » si cela ne laissait présager un avenir incertain, un avenir fait de violences et de déchirements.

2011 risque d’être comme le paradis pour certains chrétiens. Perdu à jamais, faute pour eux d’avoir négligé les préalables.
Et si 2011 était une utopie, et si on n’y arrivait jamais tant personne ne peut aujourd’hui objecter avec certitude que les démons ayant prévalu à la tenue du dialogue inter congolais ont tous disparus du Congo « démocratique » ?
Qui peut nous assurer que les divisions et les rancoeurs nées de la transition issue des accords de Sun City ne sont plus que de mauvais souvenirs ?

Personne, absolument personne.

Les protagonistes d’hier sont les mêmes qu’aujourd’hui, chacun ayant prouvé sa capacité de nuisance, chacun ruminant dans son coin le prochain coup pendable qu’il va jouer aux autres.

Kabila et Gizenga, loin de rassembler le peuple autour du socle de légitimité que leur ont conféré les élections, n’ont fait qu’exacerber les frustrations, l’injustice et la haine. Pour avoir oublié l’origine de notre « démocratie libre et transparente », Ce tandem de la division a brisé l’élan de paix naissant et replongés le Congo dans les affres qui ont déjà conduit plus de cinq millions de nos compatriotes à une mort inutile.

Rares sont les congolais qui peuvent définir les préoccupations et les priorités de leur Exécutif.
Tout est chantier dans ce pays, mais de chantiers toujours commencés, jamais terminés.
La mise en place d’une armée nationale, la question des milliards chinois, le problème sécuritaire à l’Est et dans les grandes villes, l’épine à venir de la territoriale, la problématique de l’accès de congolais à l’énergie et leur droit à disposer d'un minimum vital, les infrastructures, les relations avec nos voisins et la coexistence pacifique entre communautés, la paix sociale… Tout est en chantier dans notre pays, tout est à l’abandon, un peu comme une maison en pleine construction et dont l’entrepreneur aurait perdu les plans avant de faire faillite.

Comment dès lors envisager que 2011 soit, dans cet embrouillamini, une préoccupation pour les tenants du pouvoir d’autant plus que l’argentier traditionnel, l’UE rechigne de plus en plus à délier les cordons de la bourse pour toute question congolaise ?

Toutefois, la bonne question est celle de l’anticipation du comportement de partis politiques de l’opposition, eux dont les états-majors fourbissent déjà les armes dans la perspective de prochaines joutes électorales. Ne devraient-ils pas également disposer, à côté de leur attirail de campagne, de treillis militaires, de boucliers anti-émeutes, de matraques et pourquoi pas tout simplement de kalachnikovs pour leurs militants qui, d’une façon ou d’une autre seront confrontés à la répression brutale et aveugle qui s’abattra sur le Congo à l’aube 2011 ?

N’est-ce pas que « Gouverner, c’est prévoir » ?

Jean-Eric Badibanga,
mardi 19 février 2008