![]() |
Mouvement Agir Pour le Congo |
|
Accueil
Preux Chevalier et mouton noir.
Il est étonnant, à la limite exaspérant, de voir comment les congolais que nous sommes se passionnent pour les envolées oratoires, inutilement altruistes, de Karel de Gucht et de Louis Michel lorsqu’il s’agit du Congo. Le premier est vu comme le chevalier blanc dont l’épée de vérité pourfend sans management « les privilèges fabuleux de certains », l’ardent défenseur des intérêts congolais et du coup, le deuxième est perçu comme le mouton noir de la famille, celui qu’on voue, sans aucune autre forme de procès, au feu éternel de la géhenne. Manquons-nous de mémoire à ce point ? Les congolais qui élèvent De Gucht au rang de combattant de la liberté pour, pensent-ils, « avoir dit tout haut à Kabila ce que nous pensons tout bas » se souviennent-ils de positions de ce monsieur lorsque les troupes de l’Eufor furent déployées au Congo pour terroriser particulièrement la population kinoise au cas où elle aurait eu le malheur de contester les résultats « connus » des élections ? Se souviennent-ils de la réaction de ce monsieur lorsque son compatriote Michel vendait aux européens, à une heure de grande audience, Kabila comme l’espoir du Congo malgré nos protestations, nos suppliques et nos pleurs ? Peuvent-ils nous rappeler les vérités dites par ce monsieur lorsque Feu Cardinal Etsou demandait humblement mais avec insistance à Malu-Malu de rendre justice au peuple congolais ? Se souviennent-ils d’avoir entendu ce monsieur joindre sa voix à celle de nombreux congolais manifestant leur indignation dans les grandes villes européennes et américaines pour alerter le monde sur la mascarade électorale que l’UE préparait au Congo ? Sur tous ces faits et biens d’autres, le preux chevalier De Gucht a été étrangement aphone et insensible à nos vérités qui sont, oh ironie de l’histoire, celles dont il fait siennes aujourd’hui. Non chers compatriotes, les pseudo accents de sincérité de ce monsieur ne doivent pas devenir notre combat ni diviser les congolais dans leur lutte pour un Congo meilleur. Ce que nous devons, avant toute chose, exiger de Monsieur Karel de Gucht qui est devenue aujourd’hui méthodiquement amnésique, c’est un mea culpa car il est autant que Louis Michel responsable et donc coupable de nos malheurs, car co-géniteur du pouvoir infâmant de Kinshasa. Ce monsieur, pour avoir activement contribué à la mise en place d’une nouvelle dictature au Congo, devrait un jour répondre de ses actes devant une cour de justice. Ce n’est qu’à ce titre que nous serons disposés à écouter « ses fameuses vérités » et à nous en faire une religion.
Jean-Eric Badibanga,
|