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Porte-parole pour l'Europe de combattants Maji Maji.
Bonjour Monsieur Moto Muhima et merci de nous accorder cette interview Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je vous remercie de nous accorder cette occasion afin d’échanger avec vous la presse et, à travers vous, avec vos lecteurs et nos compatriotes tant dans la diaspora qu’à l’intérieur de la RDcongo. Je suis diplômé en communication & négociation. Vous êtes le porte-parole pour l’Europe de combattants Maji Maji, mais de quelle faction Maji Maji ? Au départ nous avons été désigné pour représenter la résistance Maji Maji, tous les axes confondus. Mais fort malheureusement lors des élections passées, nous avons vu des dissensions et des incompréhensions se produire entre nous. Cependant, il est important que nos lecteurs comprennent que le message que les forces de résistance Maji Maji, toutes tendances confondues, envoi au monde est unique. De ce point de vue, j'essaie de le porter auprès de l'opinion tant de la grande famille de la diaspora congolaise qu’à celle de l’opinion occidentale. C’est notre attachement profond aux valeurs républicaines, à l’unité et à la dignité des congolaises et des congolais. Une partie du Nord Kivu est à feu et à sang, Nkunda est aux portes de Goma menaçant de progresser jusqu’à Kinshasa. Où sont les combattants Maji-Maji ? Vous voulez savoir si le Maji Maji combattent. Oui, les Maji Maji combattent, seulement je dois vous informer que nous avons appris à être très prudent par rapport aux autres forces sur le terrain. Car Il y a beaucoup d’officiers francisques, souvenez vous du désastre de Mushaki et de l’humiliation de Rumangabo. Est-ce l’existence de ces officiers francisques qui explique la mauvaise réputation de combattants Maji-Maji au sein de l’opinion publique en général ?
Non, les francisques sont ces officiers fardc le jour et rcd goma la nuit ! Nous comprenions qu’en tant que porte parole, votre rôle soit justement de défendre cette réputation, ces principes sacrés comme vous dites ; mais quel est votre message à la population congolaise et à sa diaspora ? Apportez votre contribution pour nous permettre de lutter contre l'installation de l'apartheid sur la terre de nos ancêtres. Les idées du CNDP, continuité du FPR et de l’AFDL, ont un fondement de race supérieur. Et les blancs de l’apartheid sud africaine sont leur premier soutient militaire et économiques. Nous disons clairement non à l’apartheid au Congo et oui à l’unité dans la diversité. Comment alors voyez-vous ou envisagez-vous l’évolution de la situation sur le terrain ? Cela dépend de la nation congolaise. Personne ne peut faire notre bonheur. J’ai grandi avec le rêve de voir mes enfants grandir au bord du lac Kivu et mon père finir sa vie paisiblement sur ses terres à Walikale. Je continue à croire à mon rêve. Mais en attendant, le mot catastrophe est le plus utilisé vue la conduite des affaires de l’Etat par ceux – là qui règnent. A ce jour, le salut du Congolais viendra du Congolais lui- même. Lorsque l’essentiel, la vie et la terre, est menacé, le citoyen doit se lever et dire non. Aujourd’hui, les congolaises et les congolais se sont levés. Qui vivra verra ! L’Union européenne ainsi que l’assemblée nationale congolaise préconisent les négociations politiques comme seule voie de sortie de la crise. Quelle est votre grille de lecture d’une sortie de crise ? De prime à bord, l’intégrité de notre territoire n’est nullement sujet à négociation et ne le sera jamais. Accorder un statut temporaire voir définitif aux territoires occupés afin de créer une zone d'apartheid sur le sol africain et congolais est inadmissible et rejeté d'avance. Lorsque l’on s’inscrit dans la lutte des peuples, il est primordial d’avoir le sens de l’histoire. Et l’histoire récente de notre pays nous apprend que les propositions, mieux, les injonctions de l’union européenne quant à l’issue des conflits et au retour véritable de paix chez nous ont toutes échouées : Lusaka, Gaberonne, Sun City, Pretoria, 1+4, Nairobi, la monuc, la constitution de la république, les élections truquées, le mixage, le programme Amani et autres idées européennes… A ce sujet, je vous renvoie à l’intervieuw accordée par l’actuel ministre belge des affaires étrangères au journal flamand De Morgen. Il dénonce clairement la politique menée par « les Michel » père et fils dans notre pays. Donc, des européens reconnaissent l’échec de cette décennie des « Michel ». Quant à nous, population congolaise, nous disons qu’il est enfin temps que l’on nous écoute à notre tour. Nous rejetons toute impunité et rappelons que nulle part au monde on a bradé la justice pour avoir la paix, c’est illusoire. Car, l’impunité ne peut qu’encourager d’autres Nkundabatware et Cie. S’il existe une justice internationale indépendante de la politique internationale, qu’elle fasse son travail. Après le massacre des congolais à Kisangani en 2002, la mutinerie qui a aboutie à la prise de Bukavu avec des exactions et viols des personnes en 2004, les tueries de kanyabayonga en 2005, les attaques répétées de cités du nord Kivu depuis 2005 à ce jour qui ont comptabilisé au moins 2.000.000 des déplacés congolais errant dans la brousse, de quelle négociation politique vous voulez parler. Que la justice et rien que la justice soit dite, voilà la position des populations victimes du Kivu. Sinon, nous prendrons acte de la politique de deux poids, deux mesures et là nous n’aurons d’autre choix que de nous faire justice, conformément à notre droit à la légitime défense. Dans cette optique de légitime défense justement et selon la sagesse qui veut que « L’Union fait la force », pourquoi est-il si difficile aux différentes factions Maji Maji, alors que le pays est menacé de balkanisation dans sa partie Est, de se fédérer pour combattre l’ennemi commun ? Comme je l’ai dis au début, les dissensions apparues durant la période électorale expliquent en partie cette situation. Cependant, à l’heure où nous parlons, les leaders de la résistance sont plus proches les uns des autres pour rétablir un commandement unifié pour la suite des événements, comprenez que je ne puis m’étendre sur le sujet. Passons. Pour que nos lecteurs comprennent bien la géopolitique de forces en présence, dites-nous qui se bat au Kivu ? Plusieurs groupes rwandais comme les fdlr, les mongols, le cndp. A noter que ces étrangers exploitent ensembles les mines sous leur contrôle et font leurs transactions exclusivement avec kigali. Côté congolais, nous avons les forces armées nationales, quelques différents axes Maji Maji du nord Kivu, mais pas tous. Pour le moment, beaucoup n’ont pas encore pris part aux hostilités et observent. L’idée selon laquelle le cndp se bat contre tous, à en croire la presse dominante occidentale et la presse kabiliste de Kinshasa qui pense que Kabila se bat contre tous est totalement loin de la vérité. Les congolais, sans distinction, ne se sont jamais si fortement battu telle durant la période avant la chute de Rumangabo. Aujourd’hui, avec les Maji Maji comme fer de lance, il y a l’esprit mwana mboka (kongomani) et cela a provoqué la panique chez nos agresseurs et leurs patins à Kinshasa. La suite vous la connaissez : arrestation et déplacements des officiers de valeur, rétention de la solde annoncée et détournements des moyens militaires pour casser le moral des troupes et les amener aux exactions et pillages contre les citoyens. La question que l’on pose souvent à Nkunda et que nous vous posons également, d’où les Maji Maji tirent-ils les ressources financières nécessaires à leur combat ? Il y a un véritable monopole, un conglomérat Kigali - Kinshasa. Tous les minerais de l’Est doivent passer par le Rwanda ; pourquoi ? Posez cette question au pouvoir régnant à kinshasa. Les Maji Maji se défendent avec les moyens de bord. Ici, nous réitérons l’appel à la solidarité de tous les congolais, notamment la diaspora, afin de dépasser le niveau des discours pour un engagement qui peut se manifester par un soutien à celles et à ceux- là qui ont tout sacrifié pour la défense de la patrie. La R.D. Congo est traitée comme une femme qui n’a pas eu d’enfants, alors qu’elle en compte plus de 60.000.000 ! Les enfants du Congo, défendez votre mère. Nous vous remercions Monsieur Moto Muhima d’avoir répondu à nos questions et invitons nos lecteurs, qui veulent en savoir plus sur les Maji Maji, à vous contacter à l'adresse michelmoto@hotmail.com Propos recueillis par la Rédaction de muanacongo.com
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