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we got him"
Ainsi Paul Bremer, l’administrateur américain en Irak, s’adressa aux journalistes pour annoncer la capture de Saddam Hussein. "We got him", doit être le message envoyé par la Cour pénale internationale (CPI), à ceux qui ont commandité l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, celui qui avait accepté l’inacceptable pour donner une chance de démocratisation à son peuple.
On le savait traqué, on le savait sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI, mandat suspendu sur sa tête comme une épée de Damoclès n’attendant que le bon moment pour s’abattre et trancher, comme une guillotine, le cou du malheureux. La CPI a enfin son Gros Poisson congolais, au nom de la justice à rendre aux victimes…centrafricaines, mais beaucoup de questions restent en suspens dont la plus fondamentale à notre esprit est celle de savoir si la justice à rendre aux victimes centrafricaines de prétendues exactions commises par les soldats du Mlc prévaut sur la stabilité du Congo et le devenir démocratique de son peuple ? Si la CPI répond oui, elle devra alors répondre à une autre question : Les victimes centrafricaines ont-elles à ses yeux plus d’importance que les victimes congolaises qui se comptent par millions depuis maintenant plus de 12 ans, victimes des exactions de l’armée rwandaise et de ses petits chefs rebelles satellites, à moins que cette question ne soit un espoir pour les congolais, celui de voir Yoweri Museveni, Paul Kagame, Joseph Kabila et Laurent Nkunda répondre de leurs méfaits devant cette même cour le jour où ils ne jouiront plus de leur immunité. Pour Bemba dans tous les cas, les jeux sont faits à moins d’un coup de théâtre du juge belge chargé de confirmer ce mandat, la justice des hommes n’étant après tout qu’une somme de motivations personnelles. La CPI venant de nous en apporter une preuve éclatante !
Jean-Eric Badibanga,
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