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Bundu Dia Kongo :
Les improvisations coupables d’un combat

Après avoir contraint Bemba à l’exil par les armes et n’en déplaise à ceux qui ne l’aiment pas, Kabila vient encore de remporter "une victoire armée" sur ceux qui s’obstinent à ne pas comprendre la nature de son pouvoir, ce pouvoir qui se nourrit de la maladresse de ceux qui s’y opposent naïvement. « L’émotion est nègre, comme la raison est hellène » disait Léopold Sédar Senghor.

Pour ne l’avoir pas compris et surtout pour n’avoir pas appris des événements sanglants du Bas-Congo et de Kinshasa de l’année dernière, Ne Muanda Nsemi porte l’entière responsabilité dans la lourde répression qui s’est abattue sur ses adeptes du BDK.

Tout en dénonçant et en condamnant avec force ces actes barbares d’un autre temps et tout en compatissant avec les familles de victimes fauchées inutilement par la soldatesque des hommes au pouvoir, nous ne pouvons nous interdire de penser que les motivations et les stratégies développées par le leader du BDK dans l’expression de ses revendications laissent place à une improvisation coupable, limite puérile mais néanmoins criminelle.

« On ne demande pas à une bête sauvage l’heure de son dernier repas », disent les sages.

Ne Muanda Nsemi est, en tant que député national, mieux placé pour appréhender les contours et surtout les limites de la démocratie congolaise dont lui et ses pairs ont confié les rênes à Kabila.
S’enfermer pour finir par se perdre, comme lui et son mouvement l’ont fait, dans une dynamique, somme toute symbolique, de revendications communautaires aux relents de surcroît fascistes discrédite leur combat, qui rejoint ainsi celui de Laurent Nkunda dans une simple quête de jouissance purement ethnique.
Si nous ne l’acceptons pas pour l’Est, pourquoi doit-on l’encenser à l’Ouest ?

Le combat pour le Congo doit être et doit rester un combat unitaire et global.
La victoire, c’est tous ensemble que nous allons la construire si nous avons la sagesse d’éviter l’écueil qui consiste à ne pas reconnaître à nos adversaires une certaine forme d’intelligence.

Jean-Eric Badibanga,
jeudi 27 mars 2008