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De Gucht et Michel,
la coopération de bonimenteurs !

D’après Karel De Gucht, les 200 millions de dollars que la Belgique attribue chaque année au Congo au titre d’aide au développement sont mal utilisés par les autorités congolaises qu’il accuse de corruption.

Pour Louis et Charles Michel, l’un étant le fils de l’autre, s’ils ne contestent pas ce montant de 200 millions de dollars, « L’Etat belge soutient des projets précis, déterminés. L’argent de la Belgique ne va pas dans les caisses de l’Etat congolais » mais « à des ONG, des agences des Nations Unies qui sont des partenaires privilégiés de la Belgique » et Louis Michel d’ajouter que l’UE exerce un tel monitoring sur ces ONG qu’il est impossible qu’un seul cent de ces fonds atterrisse dans les poches des autorités congolaises.

Pourquoi ne se mettent-ils pas d’accord, une bonne foi pour toute, pour mettre en place une commission ayant pour objectif très clairement avoué de démonter ce mécanisme opaque d’aide à la coopération : Qui donne quoi, qui reçoit quoi, qui fait quoi avec ce qu’il a reçu et dernière question et non de moindre, pour quel impact final sur le terrain.

Mobutu l’a fait une fois et il est arrivé à la conclusion, non contestée à ce jour par les belges, qu’un dollar « donné » au Zaïre (actuel Congo) au nom de l’aide à la coopération rapporte 4 à la Belgique.

D’où la question qui lui a coûté son pouvoir : QUI AIDE QUI ?

Si un ancien ministre belge des affaires étrangères et son successeur s’opposent de manière si virulente, à la limite de l’indécence, sur une question aussi sensible que la coopération, cela n’a rien à voir avec les récurrentes crises communautaires à la belge.
Leurs assertions contradictoires (aucun ne nous dit la vérité) et pourtant complémentaires (la coopération ne profite quand même pas aux congolais malgré ce que l’on veut bien nous laisser croire) ne traduisent finalement que les luttes d’influence auxquelles les différents lobbies politico financiers belges se livrent au Congo.

En Belgique, le Congo n’est plus une affaire d’Etat mais bien une affaire d’individus utilisant et abusant de la coopération comme d’un subterfuge, l’arbre avec lequel ils veulent nous cacher la forêt des ignominies dont ils sont responsables dans notre pays.
La coopération est devenue dans leurs mains un instrument de pouvoir au service de leurs plus viles et basses besognes prédatrices.

Lorsque ces individus souhaitent maintenir ou conforter le pouvoir du prince régent, l’argument tout trouvé est de nous dire que « la rupture de la coopération, c'est la population congolaise qui en souffrirait, qui se verrait privée de notre aide aux hôpitaux, aux écoles… Je ne veux pas participer à la responsabilité historique d'un abandon de la population congolaise. » C’est l’argument Michel.

Et lorsque ces mêmes individus veulent abattre leur homme lige au pouvoir pour le remplacer par un autre plus accommodant, ils n’hésitent pas à nous sortir les considération moralistes du genre « La Belgique a le droit moral de dénoncer la corruption et la mauvaise gouvernance des autorités congolais au nom de l’argent qu’elle alloue au Congo au titre d’aide à la coopération. » C’est l’argument De Gucht.

C’est triste à dire mais si ces comportements, dans le chef des autorités belges, ne ressemblent pas au chantage de petites frappes maffieuses à la petite semaine, nous n’en sommes malheureusement pas bien loin !

Jean-Eric Badibanga,
mercredi 28 mai 2008